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Gildes et confréries

Les " Gildes " dont les corporations d'archers faisaient partie intégrante, perdent, à un moment donné leur intérêt militaire et politique. Les archers ne constituent plus les milices communales, ces corps d'élite qui, en temps de guerre, jouaient un rôle de premier plan sur les champs de bataille. Cette mission de défense locale et nationale incombe désormais, dans l'unification étatique du pays, à la force armée. Les archers constituent dès lors des confréries mi-religieuses, mi-laïques où le tir à l'arc est pratiqué pour l'agrément. L'entraînementqui jadis était leur raison d'être entre les guerres, d'ailleurs fréquentes, devient perpétuel. Les archers prennent part aux processions et aux " Ommegangs ". Mais toujours, aussi bien dans le passé qu'aujourd'hui, les archers ont joui de la considération unanime. Leur associations sont des fondements du folklore de nos villes. Elles sont une survivance symbolique des aspirations foncières de nos populations. La valeur des archers, leur importance militaire aussi bien que les nécessités de leur organisation leur avaient valu maintes libertés, et nombre de privilèges ; ils avaient bénéficié de marques d'honneur et de dons tant mobiliers qu'immobiliers. D'où une splendeur, un éclat, une sorte de faste, de générosité qui est bien dans la ligne de nos tendances ethniques et nationales.

Toutefois, les confréries d'archers doivent peut-être leur lustre à des raisons plus profondes touchant à l'histoire même de la civilisation. Ce qui est à la base, c'est la noblesse de l'arc et l'ancienneté de celle-ci. " L'arc, dit un auteur anonyme, vient après la parole et le feu ". C'est le troisième élément de l'évolution sociale. C'est l'arme, la première après la massue, l'arme de chasse, de défense individuelle, familiale et collective, l'arme par excellence.

On la retrouve chez les Assyriens, les Perses et les Mèdes. Et c'est de l'arc que s'arme Eros pour nous lancer les flèches les plus perfides. Il ne fut pas surpassé par son dérivé, l'arbalète. Les archers anglais, armés d'arc en bois d'if battirent les arbalétriers français parce que le tir des archers était aussi précis mais plus rapide. L'arc ne servait pas toujours à de nobles desseins, à tel point qu'en 1229, le Duc de Brabant et la Ville de Bruxelles décrétèrent de sévères châtiments pour tout emploi de la flèche destiné à l'assouvissement de rancunes personnelles. L'arc ne perdit son rang qu'avec l'invention de la poudre.

Les confréries d'archers s'organisent au cours du XIVème siècle : les tireurs ont leur uniformes, elles viennent en aide aux archers pauvres ou malades. Au Xvème siècle, sous le gouvernement de la Maison de Bourgogne, leurs traditions sont complètement fixées et elles subsisteront tout au long de l'Ancien Régime.
 

Avec le soutien de l'Echevin des Sports de la Ville de Bruxelles et de
la Commission communautaire française (secteur Histoire & Patrimoine)
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